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Message  Melocoton le Mer 23 Juin - 17:17

J’aime l’objet « Livre » et je ne suis prêt à me convertir au livre numérique qui, je l’espère, ne le supplantera jamais. J’ai par contre, un intérêt certain pour le livre audio car, d’une part c’est une bénédiction pour les malvoyants et d’autre part, il y a un apport certain du lecteur qui peut vous faire apprécier une œuvre dont la lecture vous aurait parfois rebuté.

Profitant d’une promo intéressante que fait la médiathèque en ce moment (depuis début mars et jusque fin juillet), je loue quelques documents littéraires et parmi les derniers « Nouvelles sous extasy » de Frédéric Beigbeder lu par Jean-Paul Rouvre et « Alcools » de Guillaume Apollinaire lu par Daniel Gélin.

Je vous propose un extrait de chacune de ces deux œuvres :

Nouvelles sous extasy
Manuscrit trouvé à Saint-Germain-des-Prés : http://www.zshare.net/audio/77540122ff18e53e/

Alcools
La chanson du mal-aimé : http://www.zshare.net/audio/775413772a2219d5/


Pour ceux et celles qui seraient intéressés par les livres audio, je les invites à passer un moment sur : http://www.litteratureaudio.com/
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Re: Les livres audio

Message  Melocoton le Jeu 5 Aoû - 8:54

Autre document littéraire pour accompagner mon propos sur les livres audio :

Bernard Giraudeau – Le marin à l’ancre

Le Marin à l'ancre est le cadeau épistolaire de Bernard Giraudeau à son ami Roland, myopathe, cloué dans sa chaise roulante : Bernard Giraudeau a voyagé pour eux deux pendant dix ans, jusqu'à la mort de son ami, en 1997. Les lettres lues sur ce disque retracent ce généreux partage. Le voyageur faisait escale auprès de son « marin à l'ancre » entre deux destinations et, par cette étrange correspondance, lui donnait à goûter la saveur des rencontres, les couleurs des paysages, la sensualité des femmes ... Voici quelques-unes des lettres de l'acteur écrivain, publiées en intégralité aux éditions Métailié (2001).

Les Marquises 1 : http://www.zshare.net/audio/79022105e914e2fb/

Roland avait une grosse tête douce et intelligente. Il portait des lunettes. Son corps était petit, ramassé, torturé. Il vivait dans un fauteuil électrique qui était sa deuxième peau, son char, sa formule 1. Une fois corseté, plaqué, sanglé, il était apparemment droit et prêt à l'abordage, le menton en étrave. Il tirait alors son cou vers le haut, vers les autres, ceux qui étaient debout. Le visage de travers, une cigarette au coin de la bouche, il allait pêcher des regards et des sourires. Il puisait la vie sans relâche.

Mon ami Roland était échoué sur le carrelage de Saint-Jean depuis l'enfance. Il fut l'artisan de notre rencontre en 1987.

Il bougeait encore les doigts d'une main droite qui commençait à s'engourdir. Il était en sursis depuis plusieurs années et sa survie était exceptionnelle. Il ne voulait plus « voyager» seul, les yeux clos. Je l'ai donc« emmené» là où j'allais en écrivant des lettres que vous lirez peut-être. Nous avons partagé mes voyages jusqu'à sa mort, en 1997. Il avait cinquante-trois ans.

Son char sillonnait les couloirs de l'institut pour aller de sa chambre située au deuxième étage jusqu'aux salles de classe du rez-de-chaussée. Il enseignait à de jeunes « soldats» aussi handicapés que lui. Ces dernières années, il ne bougeait plus que légèrement la tête mais son regard et son rire étaient et demeurent les plus belles réponses à mes lettres. On comprendra qu'elles ne puissent figurer ici mais c'est très regrettable.

Un soir, à son initiative comme toujours, il a proposé d'aller réellement aux îles Marquises, sans son fauteuil, lui sur mon dos, comme un sac, heureux de partager physiquement pour une fois une aventure avec moi. Le pari fut pris. Ce fut un rêve de plus, un voyage improbable pour ce marin à l'ancre qui est parti un matin de décembre à Hiva Oa sans moi.




29 avril 1992, près du lac Tucurui : http://www.zshare.net/audio/790221846eaee01d/


J'ai vu sur le ruban rouge, loin devant, un vélo. Pas une maison de caboclo alentour, et pourtant il y avait un vélo. Le déhanchement du cycliste prouvait l'effort et la régulation du souffle. L'instinct commandait de ralentir, d'autant que la surprise était émouvante : une femme pédalait. La monture à deux roues semblait fragile. Une magnifique paire de fesses ondulait, elle se balançait voluptueusement autour d'une selle étroite, à peine visible, deux fesses telluriques, fascinantes, à peine couvertes par une économie de tissu. Le short en solde avait fini en une torsade bleue partageant deux formes parfaites, rondes, pleines, généreuses. Imagine cela après des jours de solitude amazonienne. Imagine le plus beau cul d'Amérique du Sud, des fesses offertes devant nous sur un vélo de facteur bricolé avec une selle de course et un guidon en bois. Des fesses qui nous occultaient le paysage. Des fesses d'une présence inouïe, des fesses brunes, chaleureuses, fermes, insolentes, des fesses pour se perdre, des fesses à revenir en enfance, des fesses qui épuisent le soldat, qui sécurisent, qui étouffent le vorace, ravissent le gourmand, des fesses qui provoquent l'admiration, la dévotion, la foi en somme.

Roland, nous avons suivi de près cette merveille. La fille a fini par se tourner. Elle souriait, haletante. Elle retenait adroitement un fagot de cannes à sucre. La bicyclette hésitait dangereusement entre les ornières. Une danse sur la Transam. Nous étions éblouis. Nous avons doublé lentement avec l'ostensible intention d'en profiter. Ça n'a duré que le temps d'un égarement. Une sente invisible sur la droite cachait la fin du rêve. Les deux fesses disparurent dans la verdure avec le rire d'une femme joyeuse. Une femme avec un pouvoir pareil ne peut être que Joyeuse. Nous étions un peu ivres de cette vision fessue, un peu tristes d'être exclus, comme rejetés.

Je pensais qu'il était impossible de ne pas te signaler une telle rencontre. j'espère que tu apprécies mon petit carnet de voyage.


Paris, 24 décembre 1997 : http://www.zshare.net/audio/79022251834b1478/

Notre rêve ultime aurait vraiment pu nous emmener aux Marquises. Il aurait pu.

J'ai peint ce dernier voyage à notre manière, avec les images du grand Sud, les terres des premiers matins, l'archipel du bonheur.

Nous avons rêvé à deux, Roland, sur ton initiative, comme toujours. Nous avions ensemble commencé un petit entraînement, une virée en bateau à voiles vers les côtes de Vendée. Oui, je sais, ce petit bout d'Atlantique n'est pas le Pacifique et Ré n'est pas Nuku Hiva. Mais qu'importe! Les Marquises, ce n'était pas si loin après tout. Tu nous as dit: «Vous voyez, les gars, ce qui me fait le plus plaisir, c'est de voir mon fauteuil qui s'éloigne sur la plage, tout seul, sans-moi dedans. Il s'ensable. » Nous avons navigué jusqu'à ce qu'il disparaisse, ce foutu char ... Et puis ... il a bien fallu revenir. Tu as décidé de t'en séparer définitivement et de voyager libre comme les papillons du silence.

Je comprends, c'était trop fort.

Les Marquises doivent être belles de l'autre côté du monde. Une perle chaude en notre hiver. Un archipel, un collier de fleurs sur l'émeraude. C'est un chant sur le Pacifique. Pacifique, la paix enfin! Mon vieux Roland, je voudrais voir ta gueule, face au large, le sourire de traviole comme un clin d'œil du cœur, la cigarette au bec comme Prévert, le nez dans les étoiles.

Aïta Pea Pea - Pourquoi s'en faire?


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Re: Les livres audio

Message  Melocoton le Ven 20 Aoû - 8:45

Deux morceaux d’anthologie

Michel Simon nous lit un extrait du « Voyage au bout de la nuit » de Louis-Ferdinand Céline

La guerre : http://www.zshare.net/audio/79530140f8d3246c/

Arletty nous lit un extrait de « Mort à crédit » du même Louis-Ferdinand Céline

Le départ pour l’Angleterre : http://www.zshare.net/audio/795304349c5d6c21/

et une p’tite chanson interprétée par son auteur

A nœud coulant
Louis-Ferdinand Céline
Paroles : Louis-Ferdinand Céline
Musique : Jean Noceti

http://www.zshare.net/audio/79530473417a7bdf/


Vive Katrinka la putain
Celle qui n’aime que le matin
À l’aube grise crève le grain
Ni mon coeur fidèle ni les roses

Youp profondis, yop te deum
À la grand vergue le petit homme
Chacun guélant dans sa mâture
À nœud coulant pâle figure.

Quand Katrinka sera bossue
Nous irons voir aux citadelles
À force de prêter son cul
La cloche trois fois gros comme elle

Youp profondis, yop te deum
À la grand vergue le petit homme
Chacun guélant dans sa mâture
À nœud coulant pâle figure.

Celle qu’on branle chaque matin
Pour faire lever toutes les putains
Grosse bataille petit butin
Depuis l’Irlande aux Dardanelles.

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Re: Les livres audio

Message  Melocoton le Mar 14 Sep - 9:50

L’humour cynique et grinçant de Céline prend toute sa dimension lorsqu’il est lu par Fabrice Luchini.

Je vous en coupe une petite tranche, pas trop épaisse car Luchini faut consommer à petite dose sinon il énerve facilement l’auditeur

http://www.zshare.net/audio/8038453161e13aae/


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Message  Matagagna le Sam 12 Nov - 21:03

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